Située au pied de la butte d’Usson, la commune de Saint-Rémy-de-Chargnat est traversée par la rivière l’Eau-Mère, qui sépare ses deux quartiers historiques : Saint-Rémy et Chargnat. Ces deux bourgs, réunis aujourd’hui en un seul chef-lieu, témoignent d’une histoire ancienne et singulière.
Dès le début du Xe siècle, Acfred, duc d’Aquitaine et comte d’Auvergne, fait don d’une église située près de Chargnat, dédiée à Saint-Rémy, à l’abbaye de Sauxillanges lors de sa fondation. Un prieuré est attesté dès l’an 999, et l’abbaye détient alors la nomination de la cure.
Des vestiges monétaires de l’époque mérovingienne attestent l’existence d’un vicus à Chargnat, désigné sous le nom de Vico Santi Remedi. Cette appellation, inspirée d’un saint, suggère déjà la coexistence de deux pôles distincts : un quartier ecclésiastique et un autre à vocation plus commerciale.
Au fil du Moyen Âge, le village se structure autour de deux entités :
Dans la première moitié du XIIe siècle, le comte d’Auvergne et le prieur de Sauxillanges se partagent la souveraineté et les revenus de Chargnat, notamment ceux issus des foires.
Subordonné à la seigneurie d’Usson, Chargnat se développe tout au long du Moyen Âge et bénéficie de privilèges notables. En 1480, Louis bâtard de Bourbon, seigneur d’Usson, obtient l’autorisation royale d’y créer un marché hebdomadaire et des foires annuelles, renforçant son rôle économique.
Au XVIe siècle, Chargnat est qualifiée de « ville », puis de place forte. Des éléments de fortifications sont encore visibles aujourd’hui, notamment une tour circulaire percée d’une archère canonnière, vestige de son enceinte défensive.
Plusieurs fiefs indépendants existaient sur le territoire, dont La Vernède, Le Pertus, La Chaux ou encore Les Aiguilles. Au XVIIIe siècle, les droits seigneuriaux de Chargnat passent entre différentes familles nobles jusqu’à la Révolution française.
Au XIXe siècle, la création d’une nouvelle route contournant le village entraîne un déclin progressif de l’activité commerciale. Par ailleurs, le village des Pradeaux, autrefois rattaché à la paroisse, devient une commune indépendante en 1790.
Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, l’église paroissiale se situait dans le bourg de Saint-Rémy. Progressivement dégradée et abandonnée après la Révolution, elle est définitivement désaffectée au début du XIXe siècle.
L’église de Chargnat, anciennement chapelle Notre-Dame, reconstruite au XIIIe siècle puis remaniée aux XIVe, XVe et XIXe siècles, devient officiellement église paroissiale en 1801. Elle est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques depuis le 21 août 1989.
L’ancienne église paroissiale de Saint-Rémy, située à l’est du cimetière, ne conserve aujourd’hui que sa partie orientale. Désormais appelée chapelle Saint-Rémy, elle a fait l’objet de restaurations à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Les parties les plus anciennes visibles dateraient des XVe et XVIe siècles, témoignant de l’importance passée de cet édifice dans la vie religieuse locale.